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Cendres la Rouge

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www.metaluachahuter.com

Cendres la Rouge

Depuis 1998, Cendres la Rouge s’ingénie à faire vivre un bestiaire mécanique composé d'automates-squelettes, construits par Alain Terlutte à partir de vrais os et de matériaux de récupération. Rassemblés sous le titre générique de l'Ossuaire dégingandé, les spectacles et expositions, mis en oeuvre par Sandrine Châtelain, se placent du côté de l'ironie et de ce paradoxe qui consiste à faire bouger des squelettes. Mettre l'inertie en mouvement, redonner vie à la mort...

En 2018, le concert-spectacle Antinea s'inscrit dans le chantier numérique metalu.net : plateforme de ressources et de laboratoire de recherche où les compétences et outils sont mis au service de l'art et du spectacle vivant, selon une démarche libre et open-source. De nouvelles perspectives s'ouvrent pour les créations de Cendres la Rouge, réalisant ainsi une alliance improbable entre la matière organique de l'os et la technologie informatique.

Feedback sur l'expérience N.A.P.P.

1_Quels sont pour vous les enjeux des arts de la marionnette aujourd’hui ?
Depuis quelques décennies, les arts de la marionnette ont montré une grande richesse d'expressions. Par la distance que met le personnage marionnettique, l'imagination se déploie. Tous les sujets peuvent être abordés. Les procédés techniques évoluent et s'enrichissent. La marionnette permet tout ! Le numérique en démultiplie les possibles et les potentialités. Mais, au-delà de la technologie, la finalité pour nous est la même que depuis la nuit des temps : raconter des histoires aux gens.
Cela fait 
20 ans que Cendres la Rouge crée des spectacles et des expositions avec les marionnettes et automates squelettes construits par Alain Terlutte à partir de vrais os d'animaux.
L'enjeu est de se renouveler, 
d'approfondir, d'explorer chaque fois des univers différents qui emmènent le spectateur dans un imaginaire ; d'aller là où nous n'avons pas encore été et de surprendre, d'émouvoir le public. Il faut simplement continuer de chercher.

2_En quoi les technologies numériques et plus largement les cultures numériques ont-elles influencé votre projet et son processus de création ?
D'un point de vue technique, les dernières créations différent des précédentes essentiellement par le fait que les automates sont désormais dirigés par ordinateur, ce qui permet à un même personnage d'enchaîner plusieurs mouvements. L'automate n'est plus cantonné à un seul geste qu'il refera indéfiniment. Il peut exécuter toute une série d'actions différentes. Le numérique a libéré les personnages de la simple répétition. Par ailleurs, la programmation informatique inclut des tirages aléatoires et des capteurs qui occasionnent des scenarii différents à chaque exécution : les réactions ou actions des personnages varient selon les événements. Les automates se sont enrichis et sont devenus plus complexes. Ils sont maintenant prêts à entamer un véritable dialogue avec le manipulateur.
Ce sont de réels partenaires de jeu, complices des comédiens de chair et d'os. La culture numérique appliquée aux automates-squelettes ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour les spectacles de Cendres la Rouge et réalise une alliance improbable entre la matière naturaliste de l’os et la technologie informatique !

3_Quels ouvertures et enseignements tirez-vous de votre participation au projet N.A.P.P. ?
Le Centre de la Marionnette nous a accueilli en résidence en novembre 2016. C'était le tout début de notre création Antinéa, un concert-spectacle regroupant plus d'une trentaine de petits squelettes musiciens et choristes, autour du personnage éponyme interprété par Sandrine Châtelain. Ce fut un grand défrichage et la découverte étonnée que nos petits instrumentistes, pourtant commandés par ordinateur, n'en faisaient qu'à leur tête ! Car même si le numérique implique l'exécution rigoureuse de la partition, il reste l'aléa des articulations, des contrepoids et la souplesse du caoutchouc qui maintient la colonne vertébrale des marionnettes. Et ce sont finalement les compositeurs qui ont dû s'adapter au caractère indiscipliné des interprètes ! Ils ont appris à composer avec l'orchestre de manière empirique.
Ce fût donc une étape déterminante et les prémisses d'un projet qui a beaucoup évolué, pour ne trouver son expression définitive qu'en fin d'année 2019. Si l'on sait que l'idée du spectacle a germé fin 2013, on comprend l'importance de participer à des événements porteurs comme le Numeric’s Art puppetry project et d'être soutenu tout au long de la création par des structures qui vont nous permettre d'aboutir ce qui, au départ dans nos têtes, n'est qu'un rêve flou et un peu fou.

Informations supplémentaires

Media

Teaser d'Antinea par la comapgnie Cendres la Rouge - accueilli à Tournai en novembre 2018

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