Diffusion

Création / performance réunissant marionnette géante, corps en mouvements, musique et projection. L Louise est inspirée de la vie et l’oeuvre de Louise Bourgeois.

Paulo Duarte est diplômé de l’École Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières en 1999. À sa sortie, il fonde avec David Girondin Moab la compagnie PSEUDONYMO qu’il codirige jusqu’en 2006.
Depuis son travail personnel se trouve au croisement de différents langages et expressions, au travers de la mise en scène, la scénographie, la peinture, la sculpture, la gravure, la performance, la vidéo, l’installation, et la marionnette au sens large.

Il dirige la compagnie Mecanika. MECANIkA a pour objectif le développement et l’exploration de la marionnette actuelle, en interaction avec d’autres champs artistiques contemporains, sous une forme nommée théâtre d’image.

Feedback sur l'expérience N.A.P.P.

1_Quels sont pour vous les enjeux des arts de la marionnette aujourd’hui?
Les enjeux de la marionnette contemporaine suivent les enjeux de l’art… traduire le monde sensible contemporain, exulter, réfléchir, se pencher, être un vecteur de transmission culturel, être culture… l’art anticipe, regard en arrière et est aussi présent. Les formes artistiques sont celles qui nous habitent, au présent.
La marionnette n’est pas exception.
Mes différentes réalisations, que ce soit dans le milieu des arts visuels ou du spectacle vivant, constituent un regard spécifique, dans une réalité métaphorique et contemporaine. Elles constituent un regard dans une réalité métaphorique et contemporaine.
Mes propositions recherchent continuellement l’image traductrice de sens, celle du premier élan, qui constitue le moteur d’un projet, jusqu’à l’image qui constitue la représentation visuelle/plastique. Celle-ci peut être naturelle ou artificielle, visuelle ou non, tangible ou conceptuelle; elle peut entretenir un rapport de ressemblance directe avec son modèle ou au contraire y être liée par un rapport plus symbolique. L'image est conçue par un langage spécifique. Les traductions, ou mieux, les interprétations constantes par des images, créent une vérité complexe, nouée de paradoxes. Quand bien même celles-ci paraissent sans ambigüité. L’image ouvre l’espace, complexifie le réel.

2_En quoi les technologies numériques et plus largement les cultures numériques ont-elles influencé votre projet et son processus de création?
Mon intérêt pour les nouvelles technologies, au niveau conceptuel ou comme source première, réside dans leur capacité à démultiplier l’espace réel et symbolique. Notamment en ce qui concerne internet, comme le dit Boris Beaude « il augmente les virtualités spatiales et articule pleinement les échelles, autorisant des interactions inédites »
Concernant plus spécifiquement la marionnette contemporaine, la relation entre le corps manipulé et le corps manipulateur part d’un constat de disparition de l'apparition continuelle, d’aller et de retour entre la présence et l’absence, entre une place de premier spectateur pour le manipulateur, et celle d’être tour à tour « agi » par l’autre et agissant sur l’autre, entre l’image « réel » et « irréel », matière et spectre. L’architecture dramaturgique particulière qui sort de ces croisements est liée par les thèmes choisis, relativité des sens, virtualité du réel, et aussi par les divers médiums/genres d’image. Les nouvelles technologies nous permet d’autres états de présence. L’évolution dans des logiciels d’image et son, par exemple, nous permets aussi d’élaborer de recherches dans un rythme organique. Les logiciels deviennent des outils qui nous permet l’utilisation des médiums à la vitesse d’improvisation.

 3_Quelles ouvertures et enseignements tirez-vous de votre participation au projet N.A.P.P.?
Ce projet restera, pour moi, très particulier. Au-de-là la rencontre des nouvelles personnes, c’était aussi le retour dans un lieu et surtout au sein d’une équipe de grande charge émotionnelle, qui remonte à ma première expérience au Créa Théâtre. Donc, c’est aussi un retour à des bons souvenirs!
Les rencontres m’ont permis de me rendre compte de la pertinence des ressources technologiques liés à l’art, la transversalité des horizons. Ça m’a fait spécialement plaisir de savoir que des créateurs, chercheurs sont convaincus de l’importance de maintenir l’art au-de-là les enjeux néo-libéraux que certaines entreprises puissent avoir concernant la technologie et le milieu artistique.

 

Installation performance avec un robot

Performance pour une enfant danseuse de ballet et un petit robot humanoïde.

Éric Minh Cuong Castaing explore les modes relationnels, les représentations et la perception du corps à l’heure des nouvelles technologies, interrogeant les dualités réel/fiction, nature/culture, organique/artificiel. Il est artiste associé au Ballet National de Marseille (2016-2019).

Né en Seine-Saint-Denis (93), Éric Minh Cuong Castaing est issu du champ des arts visuels: diplômé de l’école de l’image des Gobelins à Paris, il a été pendant plusieurs années graphiste dans le cinéma d’animation. Intéressé par les écritures chorégraphiques en temps réel, il découvre d’abord le hip-hop en 1997, puis le butoh, sous la houlette des maîtres Carlotta Ikeda et Gyohei Zaitsu, et enfin la danse contemporaine avec notamment le plasticien chorégraphe allemand VA Wölfl.

Au sein de sa compagnie Shonen, il met en relation danse et nouvelles technologies (robots humanoïdes, drones, réalité augmentée…) via des process “in situ in socius”. Depuis sa fondation en 2007, la compagnie a signé une quinzaine de créations – spectacle, installations, performances, films.

Son travail est diffusé en France et en Europe (CND Paris, Centquatre Paris, MAC Créteil, tanzhaus nrw Düsseldorf, Tanzquartier Vienne…), soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication (Drac Paca, CNC-Dicréam…), et a reçu différents prix (Audi talents 2017, Pulsar 2017, bourse Brouillon d’un rêve arts numériques Scam, bourse Créateur numérique Lagardère, bourse chorégraphique SACDBeaumarchais, Premier prix de l’Audace artistique et culturelle fondation Culture & Diversité).

Portrait, M le magazine du Monde, Roxana Azimi, oct. 2018

Iris Meinhardt s'est formé à la marionnette à l'Université de Musique et des Arts de Stuttgart. Ses techniques de prédilection sont la projection vidéo et le théâtre d'objets : ses créations mêlent ainsi danse, manipulation et nouvelles technologies, pour un résultat oscillant entre les arts de la scène et une installation d'art visuel. Dans chacun de ses spectacles, elle explore les possibilités de mise en scène de son propre corps et développe une recherche très personnelle.
Depuis ses premiers solos en 1999, elle s'est entouré de Michaël Krauss, metteur en scène et plasticien, et de Thorsten Meinhardt, compositeur.

Feedback sur la participation au projet N.A.P.P.

Sur la base de notre expérience, nous avons essayé d'approfondir le travail avec des modules robotiques et tenté de nouvelles choses.
La principale approche consistait à développer un robot humanoïde pouvant être démantelé en modules individuels (jambes, bras, tête) afin qu'ils puissent être contrôlés en toute autonomie et entrer en dialogue avec le danseur.
Le protagoniste crée une contrepartie robotique qui se complexifie de plus en plus.
Le travail avec les modules individuels s'est avéré surprenant et perturbant, par exemple lorsqu'un bras de robot rencontre un bras humain et que les deux se combinent pour former un corps entier dans des mouvements synchronisés. L'élément de la construction, de l'assemblage et de l'interaction des modules robotiques s'est également avéré un élément de jeu très excitant.
Cela a créé des moments intenses entre l'homme et la machine et suscité de nombreuses questions à propos des qualités du mouvement humain et robotique.
Il était fascinant de voir que les mouvements artificiels du robot ont développé une présence très forte, presque hyper-humaine.
Le travail avec des robots demande des processus de construction très longs, ce qui est difficile à intégrer dans les structures de financement pour le théâtre gratuit.
En outre, il y a des dépenses financières élevées dans le domaine robotique, qui fonctionne finalement avec des montants de production bien plus élevés.
Ainsi, vous devez être prêt à appliquer des solutions inhabituelles, à investir pas mal de temps dans la familiarisation, parce que lorsqu'on travaille avec des robots au théâtre, on se retrouve toujours dans des zones intermédiaires où il n'y a pas de vrais experts. On travaille avec des prototypes dont la possibilité d'utilisation de longue durée ne peut pas vraiment être estimée. Ainsi, les spectacles invités sont associés à un risque élevé et demandent beaucoup de temps de préparation et de suivi pour la technologie.
Mais, il y a aussi le charme particulier. Nous avons l'opportunité de trouver des solutions inhabituelles, tout est rassemblé dans une main et n'est pas distribué à trop de spécialistes ; l'inachevé, le processuel et l'expérimental nous permettent de questionner les processus sociaux de la technologie et les machines propres apparemment plus parfaites que jamais du monde industriel.
Nous apprécions énormément le fait d'avoir été en mesure de participer au N.A.P.P. et le fait que vous ayez le courage de montrer ces pièces techniques souvent très risquées.

Amit Drori et son équipe ont conçu et manufacturé artisanalement des singes robotisés, Electro-Monsters à mi-chemin entre l’homme et la machine.

Les partenaires de N.A.P.P. ont accompagné la création de Monkeys, dernier spectacle d'Amit Drori. Amit Drori travaille au développement de procédés robotiques au service de la création de créatures à mi-hommes / mi-machines.

Nicolas-Adrien est un jeune artiste belge, il s'intéresse à toutes les techniques liées au numérique.
Il commence des études d'ingénieurie avant de se réorienter en architecture d'intérieur et design d'objets. Pour de son travail de fin d'étude, il dévie de sa formation de base vers des techniques d'arts numériques et de développement web avec son projet « Terra Sonora » liant objet design 3D et manipulations de la forme et du son.
Il a participé à des projets de créations en intervenant dans des axes différents tels la scénographie d'exposition, la scénographie de festival de rue, l'intégration de techniques numériques dans le spectacle vivant, le développement arduino, les installations immersives. Il s'intéresse actuellement au mapping immersif.

Amit Drori est un metteur en scène, concepteur et fabricant d’objets en mouvement basé à Tel Aviv en Israël.
Son univers théâtral se base sur l’utilisation d’objets mécaniques et robotiques en bois, couplé à l’utilisation de projections vidéo et de technologies « open source ».

Ses projets évoluent selon un long processus de travai, où l'imagerie théâtrale et l'histoire de la perception humaine fonctionnent comme des machines extrêmement détaillées.

Amit Drori est accompagné par des structures reconnues dans le domaine des arts de la marionnette en Europe comme par exemple le TJP à Strasbourg ou Le Théâtre Vidy à Lausanne...
Accompagner Amit Drori dans le cadre du projet N.A.P.P. correspond à la volonté du projet de s'inscrire dans des réseaux internationaux, et de promouvoir l'initiative au delà du territoire européen.

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